Joseph Mazel, le premier historien de Saint-Jean-d’Alcapiès

Communication de M. Jean DELMAS, lors de l’assemblée générale à Saint-Jean-d’Alacapiès le 13 septembre 2015.
mercredi 30 septembre 2015
par  Patrick OZANNE

Joseph Mazel est né à Tournemire, le 27 mai 1822. Son père, meunier, curieux de technologie (il perfectionnera son moulin) et des traces du passé lui donnera le goût de ces deux domaines. En 1846-1847, il est nommé instituteur à Saint-Jean-d’Alcapiès et bientôt secrétaire de mairie. Il devient très vite le conseiller indispensable de ses compatriotes en matière de travaux publics, d’arpentage, de bornage, d’agriculture, de botanique… Il cherche à résoudre les problèmes qu’ils rencontrent, se montre souvent un initiateur, un précurseur :

- L’alimentation en eau : les habitants de la commune ont des citernes, avec des risques de pollution et, les années de sécheresse, de pénurie complète. Après avoir étudié les petites sources des environs, il imagine en 1849 leur captage et fait les plans d’une amenée d’eau jusqu’à la place du village. Mais, pour des raisons financières, on n’adopte pas son projet. Il entreprend alors le creusement d’un puits et permet aux voisins d’y puiser. Plusieurs propriétaires suivent son exemple. On prend goût à cette eau venue du sol. Finalement, son grand projet d’adduction voit le jour et l’eau coule sur la place en 1873. Il ne facturera jamais ses heures de veille, ses études, ses plans, ses démarches…

- L’école publique : Il fallait sortir des logements de fortune. Il achète en 1854, de ses deniers, une maison, l’aménage et la met à la disposition de la commune, moyennant un loyer.

- L’épidémie de choléra : cette terrible maladie sévit dans le Saint-Affricain en 1854. Les médecins sont débordés. Avec le maire, il prend des mesures de protection et se procure des médicaments pour prévenir la maladie. C’est de cette époque que date la croix « ex-voto » dite de l’Adoux.

- La ligne ferroviaire de Tournemire à Saint-Affrique : sachant qu’elle doit passer par Saint-Jean-d’Alcapiès, il dresse aussitôt les plans d’une station aux portes du village. On a le terrain. On peut espérer, outre les facilités de transport pour la population, un développement du commerce. La compagnie préfère Massergues. Cependant, les travaux de la voie ferrée attirent, en 1872-1874, des ouvriers à Saint-Jean. Il y en aura plus de 400 à la fois, qu’il faudra loger et nourrir, en assurant, en même temps, la sécurité publique.

Mais, les nécessités de la vie quotidienne ne lui font pas oublier l’archéologie et l’histoire.

- L’archéologie : il se rappelait que son père avait découvert une curieuse meule de moulin dans le lit du Brias, sous les galets, ou les vestiges des deux cimetières, ou les restes d’une église paroissiale inconnue, au Crouzet, la Gleia erma. Son activité d’arpenteur lui donne l’occasion d’aller sur le terrain avec les propriétaires. Il interroge et il note les lieux des découvertes. Il va inventorier les dolmens des environs, découvrir deux probables grottes-sanctuaires (La Baume, les Mazes), repérer le parcours de la voie romaine du Larzac. Les nombreux objets découverts à ces occasions ont été déposés au « Musée de Toulouse ».

- Les traditions populaires : il croit, avec raison, que les légendes contiennent une part de vrai. Il collecte les sobriquets collectifs (los Manja-peralhs de Saint-Jean !) et les usages locaux.

- L’histoire de Saint- Jean d’Alcapiès, de Tournemire et de Roquefort  : après avoir repris les écrits des premiers historiens de l’Aveyron sur ces trois communes et les généalogies des familles notables comme les Solages, Mazel explore les archives locales ou privées que l’on voulait bien lui prêter. Certaines n’ont pas réapparu, ce qui rend ses notes très précieuses, même si ses analyses manquent parfois de méthode et de sens critique.

- La légende de saint Mary : la toponymie de Saint-Jean-d’Alcas conserve le souvenir de saint Mary, apôtre supposé du Vabrais et premier patron de l’abbaye de Vabres. Son récit, établi à partir d’une version inconnue de la chronique d’Agio, attira l’attention du cardinal Bourret, évêque de Rodez, qui préparait un ouvrage sur l’apostolicité de Saint Martial (1887-1890). Mais Mazel ne put indiquer précisément ses sources et le cardinal s’en contenta, n’exerçant pas, lui non plus, son sens critique.

- La toponymie : ne disposant pas encore de travaux scientifiques qui auraient pu guider sa recherche, Mazel a donné libre cours à son imagination, ce qui atteint un certain niveau de poésie.

- La langue d’oc : on peut supposer qu’il a connu son compatriote d’Auglans (Tournemire), Antoine Bouviala (1838-1925) et qu’il a suivi son exemple. On conserve de lui une poésie écrite à l’occasion d’un mariage (1864).

Joseph Mazel, est décédé le 3 octobre 1898. La commune de Saint-Jean-d’Alcapiès lui a rendu hommage en 1991, en éditant son Saint-Jean-d’Alcapiès, à travers les âges. On ne peut que se réjouir que, vingt-cinq ans après, le Cercle Généalogique de l’Aveyron ait pris le relais de cet homme généreux, passionné par le présent et le passé de son village.

Jean DELMAS

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Commentaires

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Joseph Mazel, le premier historien de Saint-Jean-d’Alcapiès
jeudi 1er octobre 2015 à 16h42 - par  suzanne BARTHE

Merci à M. Jean DELMAS pour ce résumé de sa communication. Une version plus complte se trouve dans le livre des Journées Généalogiques 2015 ST JEAN D’ALCAPIES des hommes, des femmes et leur racines, disponible auprès de Patricia (05 65 60}

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Bonne lecture
S.B.