Plusieurs critères nous amènent à "republier" cet article initiallement mis en ligne en 2014 :
– d’une part une mise à jour de notre site avait quelque peu "dégradé" la mise en page
– d’autre part, de nouveaux adhérents sont intéressés par cette généalogie
– enfin, nos lecteurs visitant Millau peuvent admirer le château de Sambucy et ses jardins (ouverts au public lors des Journées Européennes du Patrimoine)...
Il nous a donc semblé bon de vous proposer (en quatre épisodes) une "version augmentée" de nos travaux de 2013 et 2014.
Bonne lecture ...
« L’histoire généalogique de la maison de SAMBUCY, qui occupait un rang particulièrement distingué dans la noblesse du Rouergue à la veille de la Révolution de 1789, fournit un exemplel caractéristique de l’ascension sociale d’une famille qui, partie d’origines très modestes, a travaillé pendant plusieurs siècles à accroître sa fortune par des voies légitimes, et, parvenue enfin à la richesse, grâce à des prodiges de labeur et de ténacité, est enfin sortie de la condition purement domestique pour se consacrer au service de l’Etat dans l’exercice des fonctions publiques de juger et de combattre ; c’est ce qu’on appelait jadis en France l’anoblissement ». (B de Gaujelac)
Cet article est un extrait de l’étude proposée dans notre publication Saint-Georges de Luzençon, des femmes, des hommes et leurs racines... JG 2013 disponible au CGA voir modalités au bas de l’article.
Les documents d’archives font connaître l’existence au début du XVIème siècle à « Saint-Georges-de-Valserène », ou dans les environs de cette localité, à Peyre Les SAHUC du CASTEL de PEYRE [1] et à Luzençon, d’une famille d’artisans aisés, les SAHUC, dont les diverses branches, qui se distinguaient par le prénom du fils aîné, presque invariable pendant des générations, se partageaient à peu près tous les métiers exercés à la campagne à cette époque :
– les Pierre travaillaient le fer, ils étaient forgerons et maréchaux (fabres),
– les Jean étaient tailleurs de pierre (peyriès)
– les André tailleurs d’habits (sartres).
On rencontrait également parmi eux quelques tisserands (tesseyres) et les professions libérales étaient représentées par un docteur en médecine et un notaire, les deux issus de la branche des André comme nous le verrons plus loin.
Certains textes laissent supposer que tous ces personnages distincts descendaient d’une même souche, mais l’absence de documents précis ne permet pas de remonter à l’auteur commun qui vivait, semble-t-il, dans la seconde moitié du XVème siècle.
SAHUC dans le langage local, et SAMBUCUS, en latin, désigne le sureau, cet arbre si odorant aux fleurs blanches et aux fruits rouges… que les SAMBUCY portent du reste dans leurs armes.
Ainsi qu’il est normal en Rouergue, c’est un notaire de la famille qui, un des premiers, eut l’idée de traduire son nom en latin à l’exemple de ses confrères, tels les Comte, Bancal, Fauvet, Montet, qui signent leurs actes : COMITIS, BANCALIS, FALVELLY, MONTETY, noms qui sont encore portés par leurs descendants.
La présente étude généalogique, qui porte principalement sur les XVe XVIe et XVIIIe siècles, a été dressée avec le maximum de rigueur possible au vu de documents authentiques, conservés dans les dépôts d’archives publiques ; elle est également basée sur quelques archives privées (principalement archives de la famille du Bourg).
Il convient enfin d’ajouter que le nom de SAHUC, a été porté au moyen âge, par plusieurs familles du Rouergue qui n’avaient entre elles aucun lien visible de parenté ; certaines ont pu latiniser leur nom en « SAMBUCY », ce qui prête à confusion ; c’est ainsi que le vicomte de BONALD cite un Jean de SAMBUCY, notaire, acquéreur en 1351 du greffe de la cour du sénéchal de Rouergue et, en 1375, propriétaire d’une vigne à Lassouts ; dans l’état actuel de nos connaissances il n’est pas possible d’établir une relation entre ce personnage et les SAHUC vivant à Saint-Georges au XVème siècle. Il est plus vraisemblable de supposer que les SAHUC qui habitaient Saint-Affrique au XVIème siècle et portèrent au XVIIIème siècle le nom de SAMBUCY, sans particule, étaient apparentés à la famille de SAMBUCY, mais aucun document n’est encore venu confirmer cette hypothèse.
Nombreux au XXIe siècle, les SAMBUCY l’étaient déjà à l’origine de leur histoire. Ils s’établissent à Saint-Georges vers la fin du XVe siècle et vont former quatre branches principales, dont certaines ont accédé à la noblesse
mouvant d’un croissant de sable,
au chef d’azur, chargé d’un soleil d’or
La famille SAMBUCY, s’est divisée en quatre branches, dont une seule est encore représentée.
- La branche de Luzençon, qui n’a jamais cessé depuis le XVème siècle d’habiter Saint-Georges, s’est éteinte en 1895 dans Félix de SAMBUCY de Luzençon, (1812-1895), comte palatin, mainteneur des jeux floraux, qui avait épousé Mélanie Théodie BARTHE de MANDEGOURG (1818-1904) et dont la fille unique Aurélie épousa Antoine du BOURG le 15.02.1865. - Voir Branche V.I Episode N°2
- La branche de Sorgue tire son nom de la baronnie de Sorgue, achetée en 1774 par Auguste Jean–Baptiste de SAMBUCY ; elle est représentée par plusieurs rameaux et ne paraît pas près de s’éteindre. Voir Branche V.6 épisode N°2.
- La branche de Vendeloves, du nom de cette seigneurie acquise en 1743, s’est éteinte dans Jean-François de SAMBUCY, seigneur de Vendeloves et coseigneur de Luzençon, dont la fille aînée, seule survivante de sept enfants, épousa en 1772 Messire Claude, François d’ALBIGNAC, chevalier, vicomte de Castelnau, capitaine au régiment Royal Cavalerie, pensionné du Roi.
- La branche de Miers héritière de l’avocat général en la cour des aides et finances de Montauban, s’est éteinte elle aussi dans la seconde moitié du XIXème siècle dans deux fils, Auguste-Jean-François et Antoine-Henri- Marie-Victor, qui n’eurent pas d’héritier mâle.
L’hotel de SAMBUCY de MIERS, est un édifice datant du Moyen Âge. Remanié au cours du XVIIe siècle, période durant laquelle il est acquis par Antoine de Sambucy. L’édifice est inscrit au titre des monuments historiques en 1999 notice no PA12000017, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
L’hôtel est implanté dans un quartier central de la ville, à proximité immédiate de la place Maréchal-Foch, au-dessus de l’enceinte qui ceinturait la ville jusqu’au 18e siècle. Il se développe autour d’une cour centrale accessible depuis un couloir. Il compte un sous-sol voûté, deux étages et un étage de combles, desservis par un escalier rampant de pierre puis de bois (la rampe, aujourd’hui pleine, du premier niveau, masque les balustres de pierres d’origine). Il conduit aux deux coursières superposées qui surplombent la cour et qui donnent accès aux appartements de chaque niveau. Dévolus à l’habitation, ils conservent dans des pièces en enfilade, parfois équipées de cabinets, des cheminées, des gypseries, des huisseries et des parquets en pointe de Hongrie probablement du 17e siècle. Au rez-de-chaussée, la cour, bordée de pièces de stockage permet d’entreposer des denrées, du matériel et d’abriter des animaux. Mais au-delà de sa fonction de service, elle révèle aussi une fonction d’apparat avec l’escalier situé dans la ligne de foulée de l’arrivant, dans le prolongement de l’allée d’entrée, et les coursières en surplomb. [2].
Les principales alliances de la famille de Sambucy sont : 1682 Vacquier de La Baume, de Bourzès, 1720 de Laverne, 1754 d’Izarn, 1767 de Neyrac, de Fajole, 1775 Delauro, 1786 de Barbeyrac-Saint-Maurice, de Castanéo, de Pomayrols, d’Alingrin de Falgous, 1807 de Maguelonne-Saint-Benoît, d’Albignac, 1826 Saint-Sauveur-Rouziers, 1830 de Narbonne-Lara, 1859 de Boyer de Montaigut, 1972 d’Orléans, etc.
Pour mémoire un des descendants de cette cette famille : François Xavier de Sambucy de Sorgue, a épousé Jeanne Chantal Alice Clotilde Marie de FRANCE d’Orléans, fille de Henri VI d’Orléans de FRANCE, Chef de la Maison de France (1908-1999) et d’Isabelle Marie Amélie d’Orléans de FRANCE (1911-2003)
La branche objet de la présente étude, c’est-à-dire celle des « André », à l’origine de la famille, s’adonnait au métier de tailleur d’habits ; elle habitait Saint-Georges. Afin probablement de se distinguer des autres SAHUC, qui vont se multiplier dans toute la région millavoise, elle latinisera son nom en SAMBUCY ; pendant quelques années les deux noms vont coexister accolés, on écrira « SAHUC-SAMBUCY », puis ce dernier nom subsistera seul et ne tardera guère à être précédé d’une particule, du moins pour certains rameaux.
Pendant les quatre premières générations, « jamais l’aiguille du maître tailleur d’habits ne tombe de la main raidie du père sans être aussitôt recueillie par celle du fils aîné » ; à André SAHUC, vivant dans les dernières années du XVème siècle, succède André, puis Anthoine, enfin André, décédé entre 1621 et 1628.
A ce moment les trois enfants mâles de ce modeste artisan, Pierre, Antoine et André, avancent dans la vie sociale, s’élevant de la condition artisanale à la bourgeoisie par le négoce.
– Pierre, simple cardeur de laines en 1610 est marchand drapier dix ans plus tard, puis bourgeois de Saint-George ;
– Antoine, après avoir fait son apprentissage de marchand auprès de Jacob GAUJAL de Millau, va faire du commerce à Toulouse, plus tard il est qualifié marchand bourgeois de Millau et il sera par deux fois consul de cette ville, en 1647 et 1664 ;
– André enfin, chaudronnier au début de sa vie, est ensuite qualifié de marchand et bourgeois de Saint-Georges.
Cette condition de marchand et de bourgeois ne représente qu’une courte étape au cours de l’ascension de la famille ; celle-ci, grâce au négoce, parvient rapidement à la fortune et fait l’acquisition de biens nobles.
– Dès 1636, Pierre SAHUC-SAMBUCY achète à noble Pierre de Mazeran, sieur de Taurin et coseigneur d’Auriac, une part de la coseigneurie de Luzençon, avec justice haute, moyenne et basse, droits, cens, etc … « comme aussi le chasteau ruyné et réduit en masures avec la basse cour … », pour le prix de 2.552 livres, 2 sous, 6 deniers ; en 1650 son fils André devient propriétaire, moyennant 6.000 livres, d’un tiers de la même seigneurie.
Après avoir été les vassaux des seigneurs de Luzençon pendant plusieurs générations, voici que les SAHUC, tout en demeurant roturiers, sont devenus les suzerains de ce fief noble. C’est à ce moment qu’ils s’allient à la meilleure bourgeoisie du pays : les MONTETY, VACQUIER de la Baume, ou la petite noblesse de fraîche date, les BOURZES, GUERIN des Arènes, etc
Le moment est venu pour les arrière petits fils du « maistre cousturier » de Saint-Georges de passer, suivant l’expression de BONALD, de « l’état privé à l’état public » ; ils le feront très normalement soit en servant dans l’armée et dans la marine, soit en achetant des charges anoblissantes.
– Antoine de SAMBUCY, sieur du Rocan, qui appartient à la branche de Luzençon, entré dans les cadets gentilshommes en 1690, lieutenant dans le régiment de la Vallière Cavalerie, capitaine dans le même corps, puis dans le régiment de Royal Piémont, chevalier de Saint-Louis, ne put transmettre la noblesse qu’il avait acquise par ses services militaires car il ne contracta pas d’alliance.
– Autre Antoine de SAMBUCY, de la branche de Sorgue, né en 1687, n’eut pas d’enfants non plus, bien que marié, il fut homme de robe ; après avoir obtenu sa Licence es droits civil et canon , il fut reçu avocat au parlement de Paris, en 1708, et deux ans plus tard, fit l’acquisition de la charge d’avocat général en la cours des aides et finances de Montauban ; charge qu’il conserva exactement pendant les vingt années requises pour l’anoblissement définitif du titulaire ; en 1733 des lettres patentes lui accordait le titre d’avocat général honoraire. La fortune d’Antoine de SAMBUCY était assez considérable pour lui permettre de remplir efficacement les devoirs de son rang : en 1728 il achetait pour 50.000 livres la baronnie de Broquiès, en 1739 les seigneuries et terres de Montclar et Salélles ; il était en outre châtelain de Compeyre, comme engagiste du Roi, et baron de Miers. L’inventaire après décès du mobilier de son bel hôtel de Millau, sis rue Saint-Antoine, contient l’énumération d’une somptueuse argenterie, gravée à ses armes, pesant plus de 117 marcs, soit près de 29 klgs et estimée 5.650 livres, des bijoux valant plus de 700 livres et la somme de 64.000 livres en pièces d’or.
– Marc-Antoine de SAMBUCY, (1695-1764), frère du précédent, et comme lui avocat au parlement de Paris, s’éleva à la « noblesse dite de cloche » par l’exercice de la charge de capitoul de la ville de Toulouse, en aout 1745 ; il fut ensuite conseiller du Roi et son receveur des tailles en l’Election de Millau. Il avait épousé à Millau, le 2 avril 1721 Marie Antoinette de LA VERNE, fille d’Edme Hubert, comte de Gamache et arrière petite fille de messire Jacques DUCHESNE, ce maître des eaux et forêts en Rouergue et Quercy qui fit bâtir, entre 1670 et 1674, le très beau pavillon connu sous le nom de « château Sambucy de Millau » qui appartient aujourd’hui aux de SAMBUCY de SORGUE et a été classé parmi les Monuments Historiques.
Marc-Antoine était fils de Jean SAMBUCY (1644-1709) et de Catherine VAQUIER de la BAUME (1657-1714). De leur union naquit Auguste Jean Baptiste de SAMBUCY de SORGUE (1728-1819) - Voir branche V.6.
– François de SAMBUCY-COURTINES, [3]acheta la charge de conseiller secrétaire du roi, maison et couronne de France en la chancellerie de Languedoc près le parlement de Toulouse ; il fit l’acquisition en 1743, de la terre et seigneurie de Vendeloves et fut pourvu par le Roi, en 1744, de l’office de maire de Millau. Quelques années avant sa mort, survenue en 1766, il fit un don généreux à l’hôpital général de St-Affrique. Postérité : plusieurs enfants décédés en bas-âge et Jean François DE SAMBUCY de VENDELOVES (1735-1767), marié le 5 juin 1753 à Cornus, avec Elizabeth Victoire D’ICHER de la Bastide (ca 1735-1763) .
– Pierre Louis « dit le chevalier de SAMBUCY » de la branche de Luzençon, fils de Pierre de SAMBUCY (1694-1774) et de Marie D’ALENGRIN (1703-1766). Né le 9 septembre 1739 à Linas, Saint-Georges-de-Luzençon. Il avait servit dans la marine ; successivement Garde du pavillon amiral (1757), Enseigne (1765), Lieutenant de vaisseaux (1777), Capitaine de vaisseaux (1782), Chef d’escadre (1787), enfin Contre amiral honoraire (1816), il était chevalier de Saint-Louis et membre de l’association américaine de Cincinatus ; il décèdera en 1821 sans laisser de postérité.
– Jean-Baptiste de SAMBUCY-Luzençon, frère du précédent, né à Linas. Bachelier en droits en 1757. Il avait épousé Delle Marianne Charlotte de NEYRAC le 28.01.1767 à Vabres. Il acheta la charge de conseiller en la souveraine cour des comptes, Aides et finances du Languedoc, en 1778, quelques années à peine avant la chute de la royauté. Pour mémoire le 27 novembre 1793 arrestation du citoyen Sambucy et de sa famille. Le 18 frimaire remise des titres féodaux. Ils furent arrêtés et emprisonnés au Couvent de l’Arpajonnie de Millau.
En cette seconde moitié du XVIIIème siècle, un seul membre de la famille de SAMBUCY, Joachim « sieur d’Hébrias », s’attardait dans la bourgeoisie avec la simple charge de conseiller en l’élection de Millau, il n’eut pas d’enfants.
Ainsi, en moins d’un siècle, six membres de cette famille se sont élevés d’une condition privée aux emplois publics, obtenant le droit de siéger dans les rangs de la noblesse, lors des élections de députés aux Etats Généraux de 1789, à côté des représentants de la plus ancienne et authentique noblesse d’épée du Rouergue : les VALADY, ADHEMAR de PANAT, VEZINS, MOSTUEJOULS, CASSAGNES-MIRAMONT, ROQUEFEUIL, SAUNHAC.
Nous précisons à nouveau que notre présent propos n’est pas d’établir la généalogie complète de la Maison de Sambucy, mais d’évoquer la souche St-Georgienne de cette famille.
Ici s’achève notre premier épisode, nous donnons rendez-vous à nos lecteurs pour les trois épisodes suivants dont voici le sommaire :
Pour en savoir plus :
Fac-simile de documents anciens avec leurs transcriptions, tableaux généalogiques, etc… nous vous invitons à vous reporter à notre ouvrage :
Saint-Georges de Luzençon, des femmes des homes et leurs racines... » publié à l’occasion des JOUNEES GENEALOGIQUES DE L’AVERON à St Georges de Luezençon en Septembre 2013.
Ouvrage disponible au CERCLE GENEALOGIQUE DE l’AVEYRON.
Voir modalités : Librairie du CGA - Liste des ouvrages en vente
N’hésitez pas à nous contacter 06 52 03 55 68

