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lundi 16 novembre 2020
par  Suzanne BARTHE

Le Domaine de La Cadénède à travers les âges

Certains adhérents (ils et elles se reconnaîtront) nous interrogent régulièrement sur cette imposante bâtisse qui domine Millau … Profitant du confinement, nous avons décidé d’exhumer quelques (...)

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mardi 24 novembre 2020 à 23h24 - par  Patrick Boyer

Bonjour à tous !
Lorsque vous avez ajouté l’avis que vous alliez ajouter une généalogie sommaire des BOYER de la Cadenède, j’étais en train de taper un commentaire à propos de ce que vous avez dit sur ces mêmes Boyer à la fin du XVIème et au tout début du XVIIème siècles. Du coup, je ne le poste pas. Mais je vous envoie néanmoins ces quelques réflexions.

A propos des Boyer de La Cadenède, j’espère d’abord que vous évoquerez le double mariage du 31 octobre 1627 et l’acte de division-partage du 4 novembre 1646 qui s’est ensuivi, actes qui fondent la dynastie des Boyer à Azinières où cette famille s’est perpétuée depuis cette date jusqu’à nos jours. Ces actes sont à mon sens très importants puisqu’ils nous donnent des indications sur deux Jean Boyer, père et fils, qui vivaient à ces deux dates à La Cadenède, et qu’ils permettent peut-être de comprendre où ces deux Jean Boyer se situaient entre (ou parmi) Jean Boyer, veuf de Jeanne Bessodes, qui teste en 1624 (avec la confusion que vous semblez entretenir dans ce testament entre les filles et les sœurs du testateur) et Jean Boyer, époux de Marie Albigès, tous les deux morts à La Cadenède en 1699, dont vous ne parlez pas, mais dont vous évoquez le fils, encore un Jean ! qui teste la même année (1699) et qui mourra fermier de La Cadenède début janvier 1713. Mais là, je ne veux pas anticiper sur votre publication à venir !

Les deux actes de 1627 nous permettent en outre de comprendre que les Boyer, dès cette époque, tout en étant métayers de gros propriétaires fonciers, se constituaient leurs propres terres, soit pour les exploiter eux-mêmes (ce sera le cas de ceux d’Azinières) soit pour les monnayer et acquérir d’autres biens, voire s’embourgeoiser (au sens propre du terme), ce qui paraît être le cas de ceux qui continueront la lignée de La Cadenède.

Que ce soit à La Cadenède, aux Fialets, à Crayssac, à Montels, à La Borie Blanque, à La Martinerie, aux Fons de Jouc, à l’Hôpital du Larzac, aux Aumières, on trouve des Boyer partout autour de Millau, métayers ou fermiers. Sont-ils tous parents, comme le pense Bernard Aldebert (dont les "Généalogies d’Aveyron" ne sont malheureusement pas exemptes d’inexactitudes), ou leur donne-t-on ce surnom, justement parce qu’avec leurs bœufs, ils labouraient les terres de ces grands domaines ? Il est étonnant que la fonction et le patronyme soient si étroitement mêlés.

Les uns s’enflammeront pour les idées de la Réforme, les autres s’obstineront dans la foi de leurs pères, la plupart sans doute hésiteront entre les deux, au gré de leurs intérêts, au fil de leurs alliances, avec leur vieil instinct de survie et de perpétuation, dans l’incertitude d’une guerre civile qui ne s’arrête que pour mieux repartir.

Au XVIIIème siècle, le testament devient l’acte suprême ; il marque l’aboutissement d’une vie et l’expression de ce que l’on nomme avec raison les dernières volontés. Le décès le suit presque fatalement. Aux XVIème et XVIIème siècles, il peut certes en aller de même ; mais souvent, les testaments sont faits sous la pression d’événements extérieurs, dans l’incertitude des guerres civiles et l’insécurité incessante.

Je crois que c’est le cas des trois testaments que vous citez, en 1569, en 1624, en 1699. Je pense que les trois Jean Boyer qui ont dicté leurs volontés à ces trois dates, ne sont pas morts une fois leur testament établi, mais plusieurs années après. C’est d’ailleurs une certitude pour le troisième qui est décédé, comme je l’ai déjà dit plus haut, en 1713.

Je sais bien que cela ressemble à du radotage mais, voyez-vous, si l’on considère que les testateurs ne sont pas morts au moment où ils ont fait leur testament, cela change complètement la conception que l’on peut se faire de leur vie, et notamment du nombre d’enfants qu’ils ont pu avoir, ou de leur éventuel remariage. D’autant que ce sont des hypothèses que les faits semblent confirmer, sûrement en 1569 pour les enfants nés APRES le testament, et très vraisemblablement en 1624 en ce qui concerne un possible remariage du testateur. Le problème, c’est bien sûr qu’il y ait eu, à La Cadenède, beaucoup trop de Boyer prénommés Jean !

Excusez-moi d’avoir été aussi long, sans pour autant apporter de conclusions, sauf pour la branche qui se sépare de celle de La Cadenède pour s’installer à Azinières, à la suite du double mariage Jean Boyer- Marie Pradlong veuve Gairaud et Jean Boyer-Marie Gairaud de 1627. Si, pour ces périodes anciennes, il nous manque des actes, et si les actes subsistants sont parfois avares d’informations, en ce qui concerne les filiations, les mères et les épouses, nous avons aussi beaucoup d’informations qui doivent nous permettre d’assembler certaines pièces du puzzle. Mais peut-être d’ores et déjà, l’avez-vous fait.

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