La Cadénède au XXe siècle

4ème épisode - L’incendie puis le renouveau d’un patrimoine
mardi 9 février 2021
par  Suzanne BARTHE

Après un début de XXe siècle compliqué, le domaine de la Cadénède va connaître un superbe renouveau grâce à la famille FICHOLLE. Ces passionnés de patrimoine vont faire renaître la bâtisse endormie. Et à l’aube du XXIe siècle la famille MALAVAL prendra le relai pour parfaire la restauration.

Les moissons à la Cadénède sous la houlette de Clément BARTHE, fils cadet de Jacques BARTHE et Angélique PAILHAS (Cf. l’épisode N°3 - http://www.genealogie-aveyron.fr/spip.php?article1468) . C’est Clément qui avait poursuivi l’exploitation avec son épouse Flavie PUEL. Après le décès de Jacques BARTHE, sa veuve Angélique PAILHAS s’était retirée dans leur maison de Millau. Comme nous l’avons vu les quatre fils aînés BARTHE avaient fait le choix, au 19ème, de l’émigration vers la Russie pour exercer leur métier de gantiers. Mais lors de la Grande Guerre , ils retrouveront le sol français.
Néanmoins seul Clément reste à la Cadenède avec sa famille.

La vie est difficile en ce début de siècle en "pays maigre". Cependant la vie de la nombreuse famille de Clément BARTHE était joyeuse dans cette grande bâtisse. Au rez-de-chaussée se trouvaient étable et bergerie, l’habitat était au premier étage de l’aile sud, tandis qu’au second étage de cette même aile étaient logés les valets de ferme, bouviers, bergers, etc. La cour centrale servait de "basse-cour".
La vie était rude en "pays maigre". Et le sort va s’acharner sur la branche cadette de la famille BARTHE, tout d’abord avec le décès de Clément en 1909, puis avec l’incendie en 1910.

La Cadénède avant l’incendie (Archives familiales). Le journal « Le messager de Millau  » daté du 6 août 1910 nous apprend que «  Le samedi 30 Juillet 1910, vers 6 heures, le tocsin sonnait et mettait en émoi la population. Bientôt on apprenait que le feu s’était déclaré à la Cadénède, vaste maison de ferme située sur le point le plus élevé du pays maigre à 3 km de Millau. La maison forme un grand quadrilatère avec cour intérieure et tourelles aux angles. Le feu, qui a éclaté dans les granges, s’est développé rapidement et a rayonné autour de l’immeuble. Toiture, faîtage de la coquette tour, dont le pignon aigu dominait la vallée du Tarn, terrasse, étage, c’est en peu de temps un effondrement général.

Et la veuve Barthe , la sympathique fermière, et sa nombreuse famille se désolent devant ce terrifiant spectacle qui consume tout ce qu’ils possèdent. Pas d’eau, quelques secours impuissants des domaines voisins. » "La sympathique fermière" dont il est question n’est autre que Flavie PUEL, veuve de Clément BARTHE, fils cadet de la famille de Jacques BARTHE et Angélique PAILHAS. Nous la voyons sur la photographie ci-contre sous le porche d’entrée de la Cadénède, entourée de ses filles Louise BARTHE et Flavie BARTHE.

Le bien était assuré, une reconstruction va avoir lieu. Selon les dires de Juliette "la tour était moins gracieuse que la tour d’origine".

Une personne restera toute sa vie attachée à SA Cadénède et à son histoire : nous voulons parler de Juliette VIDAL (fille de Flavie BARTHE). Elle se rendra régulièrement sur les lieux de son enfance, mettant un point d’honneur à sauvegarder les papiers de famille, les photographies, les meubles "rescapés" de l’incendie et autres souvenirs. Mémoire des lieux et de la famille, elle sera en étroits contacts avec la famille FICHOLLE lors de la reconstruction

Ci contre photographies prise en 1929 après la première restauration du XXème siècle, joie de vivre pour Juliette et Flavie .

Juliette était si fière de SA chère CADENEDE !!! Enseignante, elle en parlait même à ses élèves. Quant à nous, ses petits cousins, qui l’appelions affectueusement "tante Juliette " inutile de préciser que la Cadénède était un passage obligé à chacune de nos venues à Millau !

Dans les années 1960, c’est la famille Daures qui sera la dernière à assurer l’exploitation de la ferme.

En 1965, Jean-Pierre FICHOLLE, achète la Cadenède . Chef d’entreprise dans l’industrie du plastique, il dispose d’importants moyens. Son épouse Denyse, descendante d’industriels spécialisés dans le textile, avait été cachée, et ainsi sauvée pendant la seconde guerre mondiale, au Domaine de la Barraque, près de Ste Eulalie de Cernon. Avec leurs considérables moyens et leur goût affirmé, ils vont entreprendre de très lourds travaux de restauration, dans un parfait respect du style de ce patrimoine.

La famille MALAVAL achète La Cadenède en 2002, et poursuit sans cesse les travaux de restauration pour rendre la maison plus accueillante pour les familles et groupes d’amis.

Sources :
- Georges Girard, ancien archiviste de la ville de Millau
- Famille FICHOLLE
- Famille MALAVAL
- Archives familiales de Suzanne et Lucien BARTHE



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