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Les origines des SAINT-BAULIZE (XIIIe & XIVe s.) - Episode N°5
Des GUIRAUDON aux SAINT-BAULIZE
Article mis en ligne le 3 mai 2025
dernière modification le 24 mai 2025

par Jean DELMAS, Monique BRUNEL , Suzanne BARTHE
SAINT-BEAULIZE (Aveyron) au début du 20ème siècle
Collection privée Monique BRUNEL

- De Bernard GUIRAUDON à Guy de SAINT-BAULIZE

Dans son "épais article" sur les Saint-Maurice, « Grandeur et décadence des Seigneurs de Montpaon »  [1] Henry Dupont aborde leurs relations avec les Guiraudon, coseigneurs de Saint-Baulize.

Nous vous proposons aujourd’hui quelques extraits [2] de cette étude de M. Henry DUPONT [3] . Ces éléments nous éclairent sur les origines de la famille DE SAINT-BAULIZE. Nos remerciements vont à M. Jean DELMAS qui nous a transmis ce dossier.

Les GUIRAUDON étaient, selon Henry DUPONT :

Une famille de bourgeoisie rurale, originaire de la région du Clapier, qui paraît nantie d’une fortune considérable, dont nous ignorons l’origine. Elle évince les Sévérac-Larzac à St Beaulize et en devient le seigneur principal.

A la fin du XIVe, les GUIRAUDON oublieront leur patronyme et prendront le nom de leur seigneurie de SAINT-BAULIZE.

Le 1er avril 1272,

Déodat GAUCELIN, fils de feu Déodat GAUCELIN, chevalier, tient en fief franc et honoré de Guillaume de Saint-Maurice le village de Larbussel, situé dans la paroisse de Saint-Xist. Bernard REVEL reçoit l’acte en présence de

  • Bernard ICHIER, chevalier ;
  • B. GUIRAUDON ,
  • maître Pierre ENGELRIC
  • et Pierre FORMOND, chapelain.
     [4]

Le 27 septembre 1295 [5]

Raymond de Saint-Maurice, du conseil de Jeanne, sa mère, qui a administré ses biens, étant obéré de dettes en raison de l’héritage de son père et âgé de moins de 25 ans, vend à Atrassat, abbé de Joncels, le château du Clapier, ainsi que les lieux de Mézerins, de Bouviala, de Rocapanic, de Saint-André de Thès et de l’Arbussel pour le prix de 29.000 sous et les cens usages et droits qu’a le dit abbé au village d’Olmières et à Montpaon, à condition de les tenir en fief au monastère de Joncels. La vente est confirmée par Arnaud, Guillaume et Hélys de Saint-Maurice, enfants impubères de Jeanne, leur tutrice.
L’acte est passé dans l’église de Saint-Xist de Larbussel et reçu par Pierre « Sartoris », notaire de Lunas. [6]
Parmi les témoins :
Bernard GUIRAUDON, seigneur en partie de Saint-Baulize de L’Ironde
 [7]

Eglise ST XIST - Le Clapier

Le 17 septembre 1306,

B. GUIRAUDON, seigneur du « repaire » de Saint-Baulize de l’Irondel, reconnaît tenir en fief « libre » et honoré de Raymond de Saint-Maurice, damoiseau, seigneur de Montpaon, tous les biens qu’il a acquis de Richard ICHIER, damoiseau, de Raymond Ermengaud, chevalier et aussi ceux qui lui viennent de Hugues Coms, au mas des Fons.
L’acte est passé à Saint-Beaulize et reçu par Pierre Engelric, notaire de Saint-Félix de Sorgues, en présence de B. de Mézerins, de Guillaume Ermengaud et de Jean Coms (Comitis). [8]

Le 28 novembre 1308,

Raymond de Saint-Maurice vend au même Bernard GUIRAUDON, coseigneur de Saint-Baulize, les villages de Na’Grassa, de Na’Fara et d’Artaldet, situés dans la dite paroisse de Saint-Baulize, excepté le « merum et mixtum imperium », pour le prix de 3 000 sous et 16 livres, 13 sols petits tournois (163 livres et 13 sous). Bernard devra donner annuellement au dit Raymond un fer à cheval et six clous, comme service. [9]

Le 26 janvier 1318 (N.S.),

Raymond de Saint-Maurice, damoiseau, seigneur de Montpaon, vend à Bernard GUIRAUDON, coseigneur de Saint-Baulize de l’Irondel, le village de la Roquette et la devèze qu’y tiennent les hommes de Saint-Maurice avec tous ses droits et dépendances.
L’acte est passé à Saint-Baulize, en présence de Bernard de Mézerins, de Jacques Coms (Comitis), de Pierre Guiraudon et reçu par Pierre Engelric, notaire public de Saint-Félix de Sorgues. [10]

Le 6 septembre 1323,

Raymond de Saint-Maurice, damoiseau, fils et héritier de feu Guillaume de Saint-Maurice, chevalier, tient en fief franc de Géraud d’Armagnac, vicomte de Creyssels et baron de Roquefeuil, la directe seigneurie et le fief qu’il a au mas del Sauc et le mas « dels Cazalos » [11].que tiennent de lui, en censive, Guibert GUIRAUDON, « li Frotier » [12] et les héritiers de Raymond RICARD, damoiseau. Les dits mas sont situés au mandement de Cornus ) [13]

Le 4 novembre 1390,

Guy, seigneur de Saint-Baulize et de Saint-Jean d’Alcapiès [14], par l’intermédiaire de ses procureurs : Jean Vigouroux et Imbert de Marnay, reconnaît tenir de l’évêque de Rodez les biens acquis le 26 septembre 1390 de Jean de Saint-Maurice, seigneur de Montpaon, à savoir : le château de Saint-Maurice sur Sorgues avec ses dépendances et le village de Fondamente. [15]

Le 24 janvier 1391 (N.S.), [16]

le même Guy supplie le même évêque d’approuver la vente que vient de lui faire Jean de Saint-Maurice, dont la teneur, insérée dans l’acte, est la suivante : Le 30 décembre 1390, Jean de Saint-Maurice, « coseigneur » de Montpaon, Leveta du Pont (de Camarès), sa femme, et Raymond de Saint-Maurice, leurs fils majeur de quatorze ans, pour désintéresser leurs créanciers, vendent à noble et puissant Guy, seigneur de Saint-Baulize et de Saint-Jean d’Alcapiès, la moitié du château et de la juridiction haute et basse de Montpaon qu’ils ont « en commun et par indivis » avec noble Aude de Saint-Baulize, fille du dit acquéreur, pour le prix de 800 francs d’or. [17]

Il est stipulé que ces biens sont tenus en fief franc et honoré de l’évêque de Rodez. Les vendeurs confirment en outre la donation faite jadis à Aude de Saint-Baulize de la moitié et juridiction du château de Montpaon.

Fait au château supérieur de Montpaon et reçu par Jean Arnaud, notaire royal de Saint-Affrique.

L’évêque, dûment informé, donne son approbation et investit du fief le dit Guy de Saint-Baulize.

L’acte est passé dans la grande salle de l’hôtel épiscopal à Rodez. [18]

Le 4 avril 1392,

Jean de Saint-Maurice, damoiseau, considérant qu’il a vendu par nécessité à noble Guy de Saint-Baulize les lieux de Saint-Maurice et de Fondamente et la moitié du château et de la juridiction de Montpaon, avec pacte de rachat dans un certain temps, et qu’il a donné à Aude de Saint-Baulize, fille du dit Guy, l’autre moitié  ; qu’en outre, dans ces contrats, certains pactes n’ont pas été observés par le dit Guy ; casse, annule et révoque les dites ventes et donation et comme il ne peut racheter le château de Montpaon et les lieux de Saint-Maurice et de Fondamente, il les vend à Guiraud Malapue, seigneur de « Mirasvals » et coseigneur de « Caussio » et de Montauban, pour le prix de 500 francs d’or, à condition que l’acheteur soit tenu de payer à Arnaud de Lensière [19], seigneur de Montesquieu, la dot de Jeanne, sa fille, et femme du dit Arnaud, ainsi que toutes les dettes du dit vendeur.

L’acte est passé à Ginebret, près du Pont de Camarès, dans la maison où habite Jean de Saint-Maurice, et reçu par Guillaume Raubilhon, notaire royal. [20]

le 23 avril 1392,

Guy de Saint-Baulize transigeait avec Guiraud Malapue et moyennant 900 francs d’or lui délivrait les dites terres.

Le 4 mai suivant, l’évêque de Rodez, confirmait la vente et recevait l’hommage de Guiraud Malapue, l’investissant du fief). [21]

- Tentative hypothétique de reconstitution généalogique

Cette étude nous donne de précieuses informations sur la FAMILLE DE SAINT-BAULIZE aux XIIIe et XIVe siècles. Il nous reste à découvrir son évolution au siècle suivant.

I. Bernard GUIRAUDON, est cité en 1272

 En 1295, il est dit seigneur en partie de Saint-Baulize de L’Irondel

 En 1306 Bernard GUIRAUDON est dit seigneur du « repaire » de Saint-Baulize de l’Irondel. [22]

 En 1308 et 1318 Bernard GUIRAUDON est dit coseigneur de Saint-Baulize.

II. Pierre GUIRAUDON cité 1318 (???)

III. Guibert GUIRAUDON, cité en 1323.

IV. Guy de SAINT-BAULIZE, seigneur de Saint-Baulize et de Saint-Jean d’Alcapiès est cité en 1390 et 1392

3 juin 1399 : Hommage de Gui de Saint-Baulize à Marguerite de Solages, seigneuresse de St-Jean d’Alcapiès et d’Alcas.
 [23]

7 juin 1412 : Déodat de Robal, seigneur de St-Jean d’Alcapiès, consent une vente à Guy de Saint-Baulize (notaire Barbati à St-Affrique).
 [24]

Guyon de SAINT-BEAULIZE, par son testament du 21 avril 1426, institua pour son héritier universel Angle (Anglesian) de LAUZIERES son petit fils, à la charge de porter le nom et les armes de Saint Beaulize, auquel il substitua Raymond de LAUZIERES, son autre petit fils, et nomma pour exécuteurs testamentaires l’évêque de Vabres, et Audet de l’Isle, seigneur d’Avènes. [25]

1426 : testament de Guy (ou Guyon) de Saint-Baulize
 [26]

V. Aude (alias Audette) de SAINT-BAULIZE est citée en 1392

Guiraud de Lauzières, seigneur de St-Jean de la Coste, décédé avant 1414, épousa Audette (ou Oudette) de Saint-Baulize, fille de Guyon. Après quoi la seigneurie de Saint-Beaulize se transmit, jusqu’à la Révolution, dans la famille de Lauzières. [27]

Nous savons que la seigneurie passera à la famille LAUZIERES lors du mariage d’Aude. Néanmoins il semblerait qu’une branche (celle du CAUSSE SALAN) conservera le titre de noblesse et le nom de SAINT BAULIZE à défaut d’en conserver la seigneurie...

Encore bien des pistes à explorer ! Vos informations sont les bienvenues !

Dans notre épisode N°6 nous évoquerons Me André de SAINT-BAULIZE, Procureur Juridictionnel de Versols, Protestant.

Dans notre épisode N°7 nous vous proposerons notre étude sur le village de SAINT-BEAULIZE et la famille de LAUZIERES.

Bonne lecture !
SB