par Suzanne BARTHE
Nos adhérents et amis Sylvie et Claude de VESINS ont réalisé cette superbe étude, parfaitement documentée et sourcée. Elle a fait l’objet d’une conférence et a été partiellement publiée dans le bulletin du CGR. Nous vous proposons aujourd’hui une version "augmentée" que nous vous présenterons en deux épisodes.
Grand merci à Sylvie et Claude de nous avoir confié cette étude qui, nous l’espérons, saura intéresser les généalogistes qui travaillent sur notre belle région et son histoire.
Nous évoquerons tour à tour, dans un premier épisode :
- L’origine de la préoccupation
- Le patrimoine
- Saint-Jean-le-Froid
- Gleyzenove
- Castelnau du Levezou
- Les résidences Levezou
- Les dénombrements des XIII et XIVe siècles
- Déjà les Luzençon
- Des moulins
- Saint-Beauzély
- Les Canabières
- A l’évêque Salles-Curan
- Le sud au comte de Rodez
- Divers mas
- La charte de franchise de1258
- Synthèse du patrimoine
Puis dans un second épisode :
Les Levezou dans la nuit des temps
Episode 2/2
- Les constructions
- Les châteaux ruinés
- Les châteaux modifiés après les Levezou
- Les châteaux subsistants
- Les villages
- Eglises et moulins
- La situation féodale
- Conclusion dans la nuit des temps
En 1837 le comte de Courchamp écrivait :
« L’origine des sires de Levezou n’a jamais été suffisamment éclaircie.
La chronique de Conques les fait provenir d’un Captal de Levèse ou d’Albret, appelé Warmond ; c’est une opinion vraisemblable, mais c’est un fait enseveli dans la nuit des âges avec profondeur… »
Enseveli dans la nuit des âges avec profondeur…, cette phase, lue dans mon adolescence, me fascine depuis.. C’est elle, qui m’a conduit aujourd’hui devant vous. [1]
Pourtant Courchamp paraissait avoir effectuer déjà une belle remontée puisqu’il établit une filiation continue à partir d’un Renaud de Levezou, qu’il fait se marier en 1095, et n’hésite pas à remonter l’ascendance de ce dernier sur pas moins seize générations, ce qui fait naître Warmond, le "captalde Levèse", vers 710.
Enfin notre généalogiste signale que le dernier captal de Levèse, un certain Albéron, quitte la Navarre ou l’Albret pour se réfugier en Rouergue fuyant devant les sarrasins au milieu du Xe siècle, puis il nomme encore six ascendants jusqu’à Warmond. Voilà donc dissipée une partie de la nuit des âges.
On doit toutefois remarquer que, si les sarrasins occupaient encore au Xe siècle une partie de la Provence, ils n’étaient plus une menace en Navarre, en outre le Rouergue constitue un bien lointain refuge pour qui viendrait de Pau ou de Nérac. Il faudrait donc situer Levèze en Provence, on trouvait d’ailleurs un lieu Levezou à proximité de l’étang de Scamandre.
A ce point de nos investigations, on doit consulter deux commentateurs de cette généalogie, hélas recopiée par les plus éminents et consécutivement largement diffusée par les multiples canaux contemporains ; quelques dizaines d’années après sa parution, le vicomte de Bonald(Documens sur des familles du Rouergue, 1902) s’étonnait de tant d’affabulations, quand la simple vérité était au moins aussi prestigieuse ; pendant que Henri Bousquet, dans le tome III de l’inventaire des archives du château de Vezins, que publie la Société des Lettre en 1942, nous écrit
« Monsieur Cousin, dit le Comte de Courchamps, auteur d’une « Généalogie de la maison de Levezoux de Luzanson de Roquefort de Vesins », imprimée en 1837, était un pittoresque personnage, polygraphe fécond, fantaisiste souvent amusant, qui pratiquait l’art de la généalogie avec une désinvolture qui enlève tout crédit à ses productions ».
Nous voilà d’un coup replongé dans la nuit des temps !
Par l’acte de donation de 1071, dont nous allons parler, nous savons que le chef subsistant des Levezou a épousé Arsinde de Millau, fille du vicomte Richard II, soeur du cardinal légat Bernard, nièce du vicomte de Narbonne et de l’évêque de Rodez et tante de l’archevêque d’Arles. Indéniablement Aicfred de Levezou se marie au-dessus de sa condition, mais quelle était donc sa condition ?
Pour situer le rang des Levezou, nous examinerons successivement l’étendue de leurs possessions, l’importance des constructions qui les équipent et la qualité de leur clientèle ; ce faisant nous constaterons qu’un tel niveau de fortune n’a pas pu surgir même en un siècle, il résulte, après le Xe siècle, d’un patrimoine bien antérieur.
Nous énumèrerons les biens que l’on voit sortir du patrimoine ou être activés (hommage et acapte) sans qu’on les ait jamais vus y rentrer par acquisition ou dot matrimoniale, ce qui permet de présumer qu’ils étaient, au XIe, XIIe et XIIIe siècle, possédés par les Levezou de façon immémoriale avant le Xe siècle ; certes il s’agit là d’une méthode régressive contestable mais plausible.
Je regrouperai les actes par secteur géographique et nom de l’acheteur plus que par date.
Le plus ancien document est la donation, que fait en 1060 Bernard de Levezou aux bénédictins clunisiens de Moissac, d’une église à Saint-Jean-Le-Froid avec deux mans à Flotte. L’acte est passé par Bernard de Levezou en faveur de Duran, abbé de Moissac et aussi évêque de Toulouse, qui tient ces crosses de 1059 à 1071, avec le consentement de Pierre-Béranger, évêque de Rodez de 1051 à 1079, et sous le règne de Philippe, roi de France de 1060 à 1108, donc entre 1060 et 1071.
On peut douter que les Levezou donnent à d’autres qu’aux victorins pendant que leur beau-frère, Bernard de Millau, est prieur de l’abbaye Saint Victor de Marseille depuis 1061 puis abbé en 1065, c’est bien la date de 1060 qui doit être retenue. Le donateur dit se nommer Bernard de Levezou et être né dans la forteresse éponyme, qui pour certain aurait précédé Castelnau, il donne du consentement de ses frères Arnald et Aicfred.
L’église était un alleu des Levezou, correspondant à la propriété éminente, ils y avaient installé Gac de Peyrebrune et son fils Bernard, qui y détenaient donc seulement les droits utiles et qu’ils avaient eux-même recédés à Brenguier Géraud. [2]
Peyrebrune est situé à quatre kilomètres et demi à l’ouest-sud-ouest de Saint-Jean-le-Froid. Les fouilles archéologiques (1964 - 1983) révèlent une occupation du lieu bien antérieure au Xe siècle. (voir aussi Robert Aussibal 15 septembre 1990)
Le même Bernard de Levezou, donne la même année (1060) le prieuré de Gleyzenove (commune de Vezins) aussi aux moines de Moissac. [3]
En 1071, le frère du donateur de Saint-Jean-le-Froid, Aicfred de Levezou donne aux bénédictins de l’abbaye Saint Victor de Marseille l’église Saint-Michel de Castelnau :
« l’église de Saint-Michel qui est, dans ma place forte, à l’endroit incontestablement chef-lieu le plus important de mon honneur, à savoir le Castelnau que Bernard, mon oncle (ou grand-oncle), fit construire naguère pour la vie commune des clercs ».
"Le chef-lieu le plus important", donc en 1071 son "honneur" en compte plusieurs autres secondaires que nous tenterons aussi de localiser.
La donation est, entre autres, contresignée par l’épouse du donateur, Arsinde de Millau et par trois de leurs fils, Bermond, probablement déjà marié à Pétronille de Peyre, Bernard et Aigfrède, auxquels il faut ajouter au moins Arnaud, le futur archevêque de Narbonne, il est en outre plausible de compter aussi quelques filles.
Ce père de six ou sept enfants en 1071 est donc probablement âgé d’une quarantaine d’années, ce qui le fait naître autour de 1030 et son père Aicfred à la fin du Xe siècle, le frère ainé de ce dernier, Bernard, aurait donc construit la première église Saint-Michel dans le dernier quart du Xe siècle, l’actuelle sera édifiée par les bénédictins après 1071.
On peut supposer que la construction de l’église n’a pas précédé celle du château, et que donc, ce dernier fut édifié, peut-être par le grand-père du donateur, dans les années 970, nous verrons que la configuration architecturale de l’édifice corrobore cette datation. [4] Cf. article paru sur le site du Cercle Généalogique de l’Aveyron De CASTELNAU-de-LEVEZOU à CASTELNAU-PEGAYROLS - De la famille de LEVEZOU à la famille JULIEN DE PEGAYROLLES
En 1071 le donateur Aicfred dit :
« je ressens l’impérieuse nécessité de trouver le moyen d’obtenir la clémence du pourtant si bénigne Créateur, afin d’infléchir son jugement qui s’est déjà si effroyablement abattu sur ma maison dont je reste seul survivant du grand nombre de ses membres. »
Le "château nouveau" construit par le grand-père du donateur laisse supposer l’existence d’une résidence antérieure ; Jacques Bousquet présume qu’il pourrait s’agir de Castelmus, pendant que Jérôme Belmon propose l’éventualité d’un site gallo-romain à l’extrémité sud des monts du Levezou, aux confins des communes de Salles-Curan, Viala-du-Tarn, Montjaux et Castelnau-Pégayrols, entre Candadès et Ronssignac.
En 1974 P. et M. Cabanes y trouvent de nombreux vestiges mobiliers datant du IIe siècle. [5]
Nous verrons que Salles-Curan incluait aussi une "aula" et une "cour" dénommées Levezou.
Nous venons d’établir que les donations de 1060 et 1071 n’ont pas pu être signées ailleurs qu’à Castelnau, puisque ce dernier est édifié plusieurs dizaines d’années avant celles de Saint-Jean-le-Froid et de Gleyzenove.
Deux documents dénombrent les fiefs directement rattachés à Castelnau puis à Castelmus :
a) la malheureuse vente avec pacte de rachat de Bernard de Levezou à Hugues d’Arpajon en 1270, qui engendra la perte de Castelnau [6],
b) la transaction passée par Bernard de Levezou en 1397 avec Cardone Blanche, veuve de Jean II de Levezou. [7]
– Le premier énumère : le castrum novum de Levezou Castelnau, le
castrum de Castelmus, le castrum de Roquetaillade, le village de Compregnac, le village de Marzials, le castrum de Peyre, les manses de Joug, des Fons de Joug et une villa à Saint Beauzely (le château lui-même avait doté Jausionde de Levezou en 1255).
– Le second nous permet d’ajouter les mas de Solier et de La Garrigue et les fiefs de Saint-Hippolyte et de Candas, pour lesquels les seigneurs de Montjaux doivent hommages et reconnaissances aux Levezou ; ce même document nous apprend que les Levezou percevaient des censives de Montjaux, [8]laissant supposer qu’ils possédaient les droits éminents et les Malvas (Montjaux) seulement les droits utiles, comme à Peyre pour lequel un acte de 1291 nous apprend que Jean de Montjaux possède les droit utiles, pendant que Raimond de Levezou y possède les droits éminents, ce même document de 1291 nous confirme que Raimond de Levezou détenait les droit éminents sur Compregnac, pendant que le commandeur de Sainte-Eulalie y possédait les droits utiles. [9]
En 1194, Raymond de Levezou et Guilhem de Luzençon réservent leurs droits de justice sur les homme de trois mas proches de la "villa" de Saint-Georges : Lavencas, Les Maires et Vergonhac. [10]
Mais on ne peut tirer argument de cet acte pour justifier du patrimoine immémorial des Levezou, puisque Raymond de Levezou tenait probablement ces droits de sa mère Guillemette de Luzançon.
Une transaction du 12 février 1421 entre Bernard d’Albignac, Aldebert de Mandagout et Jean de Levezou, nous apprend que les Levezou possédaient des droits sur le moulin de Cambon. [11]
En 1365, le 17 mai, Jean I de Levezou et Guillaumette, sa femme, vendent au sieur Girel, deux seizièmes du moulin de la Rode et ses dépendances. [12]
Bernard de Levezou, qui possédait le château de Saint-Beauzély en 1255, le donna à Jausionde, sa fille, quand il la maria à Ermengault de Combret. [13]
En 1118, Raimond de Levezou participe à la création de la commanderie hospitalière sur le site double des Canabières et de Bouloc, en donnant l’alleu de Péret et Péredet, qui formeront le village Bouloc [14] ; il ajoute La Rauzière en 1120 [15] (14) ; entre 1140 et 1160, Aicfred de Levezou cède une redevance à prélever sur la villa de Candas [16] à l’exception des demeures qu’il conserve dans le château même.
En 1229, Bernard de Levezou cède à l’évêque de Rodez l’alleu du mas de Larguiès [17] ; le trois des nones de juillet 1237 le même Bernard vend au même une cour (plusieurs capmas) qui lui appartenait au château de las Salas nommée la « cour de Levézou » [18] ; en août 1238 l’évêque de Rodez achète à Bernard de Levezou l’« aula Levezonca » au château de Salles (Salles-Curan) [19] et tous les droits au château de Salles et sur divers mas.
Bernard de Levezou payait à l’évêque de Rodez un lièvre à chaque fête de Noël, suivant un titre de la reconnaissance consenti à l’évêque en 1242 pour le mas de La Fajolle [20].
En 1154 Aigfred de Levezou avait été témoin et fermenza de la donation du mas de Soutouls [21] au temple par Guillem Bec, résident à Castelnau.
Entre 1165 et 1174 Arnaud de Levezou, chevalier, vendit, pour trois mille cinq cent sous, le château de Trépadou au comte Hugues II de Rodez, afin qu’il y logeât sa futur épouse Bertrande d’Amalon ou d’Avallon ; il vend aussi au même le prieuré de Saint-Cyrice et les rentes qu’il avait dans les paroisses d’Amalon, du Minier et de Saint-Symphorien [22]
Le comte de Rodez était probablement plus intéressé par les mines d’argent qui lui permettraient de battre monnaie, que par l’hébergement de sa dulcinée.
En 1248 Bernard de Levezou vend au comte de Rodez, les Châteaux de Dolan et de Blanquefort (gorges du Tarn) et tous ce qu’il avait à Estalane moyennant le prix de onze mille sols melgoirés. [23]
Le 12 des calendes de mai 1262, noble Bernard de Levezou, fils d’autre Bernard, chevalier, lauze à Bernard Aldebert l’achat qu’il a fait à son père du mas de Thérondels, sous la censive de six sols melgoriennes, le quint des fruits et le tiers des noix. [24]
Le mas de Thérondels devait représenter une bonne surface, puisque le document prévoit qu’il y pourra paître cent bêtes de bétail menu et cent dix bêtes grosses.
En 1233, Bernard de Levezou, chevalier, approuve une transaction sur un bien situé à Roquecanude, près d’Azinières, dont il détient les droits éminents. [25]
En 1268, Imbert de Montjaux, représenté par Pierre de Prévinquières, transige avec Bernard de Levezou sur l’hommage qu’il lui doit pour Azinière. [26]
Le 2 des ides de septembre 1277, noble Bernard de Levezou baille à nouvel acapte à Pierre de Robiac et à Pierre Martin, la moitié du mas de Calcines, sous la prestation du quint des fruits et la censive de deux gélines. [27]
Peu après, le même Bernard baille à nouvel acapte le mas de Navas, sous la censive de 18 setiers de blé, 8 setiers de froment, 4 setiers d’orge, 4 setier d’avoine, 1 setier de fèves, 1 setier de lentilles, 1 Emile d’huile, en mesure de Castelmus. [28]
Le 4 des nones de septembre 1327, noble Bernard de Levezou baille à nouvel acapte à Guillaume de Robiac, un terroir sis au lieu-dit Cantaloube, sous la censive de trois quarts de vin. [29]
Le 6 décembre 1458, noble Jean I de Vesins, alias de Levezou, baille à nouvel acapte à Raymond Clamens résident de Castelmus, un terroir au lieu-dit le Puech dels Paliès, sous la prestation du sixième, et la censive d’une émine de froment, une émine de palmoule et une quarte d’avoine ; l’emphytéote étant tenu aux quatre cas seigneuriaux comme les autres habitants de Castelmus. [30]
On note que la redevance des quatre cas est encore appliquée au milieu du XVe siècle] (quatre cas = chevalier, dot, voyage, rançon)
Outre les cessions et louages, la charte de franchise que Bernard de Levezou accorde, en 1258, aux habitants de ses possessions, nous renseigne aussi sur l’étendue et la localisation de ces dernières :
« … pour tous les hommes et femmes habitants présents et futurs comme indiqué dans ledit château (Castelnau) et aussi son district qui s’étend naturellement des rives du Tarn (Torto) tout le long de la rivière Muse et du territoire, seigneurie et juridiction des villes de Saint-Beauzély et Mauriac (Mauriaco) jusqu’aux limites de la seigneurie et juridiction des châteaux de Monjaux et de Roquetaillade et de la seigneurie et territoire des Canabières et de Bouloc (Bonoloco) jusqu’à ladite rivière Muse. » [31]
En résumé les Levezou construisent Castelnau à la fin du Xe siècle, puis se séparent de leurs possessions septentrionales sur le plateau entre le XIe et le XIIIe siècle :
- Saint Jean le Froid en 1060 pour les bénédictins clunisiens de Moissac.
- Bouloc en 1118 et La Rozière en 1120 pour les hospitaliers de Jérusalem.
- Larguiès et Salles-Curan en 1229, 37 et 38 pour l’évêque de Rodez
- Estalane pour le comte de Rodez en 1248.
- Le château de Saint-Beauzely en 1255 pour les Combret.
Désormais les possessions conservées le plus au nord seront Azinière et Roquecanude.
Les Levezou se séparent aussi de fiefs méridionaux :
- Trépadou, Saint-Cyrice, Le Minier, Amalon et Saint-Symphorien en 1174, pour le comte de Rodez.
- Thérondels en 1262 pour Bernard Aldebert.
Après avoir perdu Castelnau 1270/1289, ils conserveront, parfois jusqu’au XIXe siècle :
Azinières, Roquecanude, Calcine, Joug, Les Fons de Joug (vendu en 1291), Paliès, Castelmus, Marzials, Navas, Cambon, Roquetaillade, Rocagel, moulin de la Rode, La Garrigue, Solier, Peyre, Compregnac, Saint-Hyppolite et Candas, si la documentation nous le permettait nous pourrions détailler par manse, et faire ainsi apparaître un territoire possédé plus densément.
On voit que lorsqu’ils édifient Castelnau à la fin du Xe siècle, les possessions des Levezou sont implantées sur une zone qui s’étend, de Salles-Curan à Peyre, de Mauriac à Trépadou et de Saint-Jean-le-Froid aux Fons de Joug, sans parler des châteaux des gorges du Tarn, de Gleyzenove à Vezinset de biens autour de Luzençon, certaines vigueries sont plus petites et, plus tard, certaines vicomtés ne seront pas plus grandes.
Mais par la suite, alors que les cessions du XIe siècle furent faites pour implanter des ordres religieux apporteurs de savoir-faire et de population, les ventes de la fin du XIIe siècle et dans le cours du XIIIe, qui, pour financer la campagne de construction du XIIe siècle et surtout les expéditions en croisade, sont réalisées sous la pression de puissants acheteurs ruthénois, le comte et l’évêque, vont entamer profondément le territoire.


