Paroisse de La Vaysse – Vezins-de-Lévézou

samedi 11 mai 2019
par  Suzanne BARTHE

Devant l’église de La Vaysse une pancarte porte une mention qui nous a intrigués :

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Quelle est donc la signification de ce terme BISOMA, inconnu de l’équipe de rédaction du livre de l’année…

S’agirait-il

  • - du latin "bisomum" "sarcophage pour deux corps" ?
  • - de deux "sommets" ?
  • - de deux seigneurs ou deux seigneuries ?
  • - de deux entrées dans l’église ?

Le texte semble bien curieux... Nous contestons bien évidemment le terme "l’église fut construite en 1840"... Elle fut "reconstruite".... son existence étant bien antérieure comme nous l’expliquerons dans notre publication des JG 2019 : Vezins-de-Lévézou, des femmes, des hommes et leurs racines

M. Jean DELMAS, interrogé, nous a répondu en ces termes : « J’ignore tout de ce curieux toponyme, que je découvre. Pouvez-vous me dire où vous en avez trouvé la mention ? Je sais qu’il existe en latin, d’après une inscription antique, un mot bâtard bisomum (composé du latin bis et du grec soma, neutre rendu en latin par *somum), désignant un tombeau à 2 places. Mais c’est une explication bien savante, supposant en outre une forme latine plurielle (bisoma), pour un lieu aussi reculé que La Vaysse. Certes, tout est possible ! Je pense a priori qu’il faudrait exclure une étymologie donnant à la première syllabe le sens de deux... »

Jacques ASTOR nous propose l’analyse suivante :

Au sujet de BISOMA

Il s’agirait d’un nom de lieu de structure gauloise avec suffixe augmentatif -isama.
On a pour exemple Belisama, déesse gauloise, dont le nom est perpétué par Bellême, nom de commune de l’Orne (région Normandie), Belismo au Xe siècle.
On observe la chute du premier -a de -isima qui, dans l’accentuation gauloise, se trouve après l’accent tonique.
Le premier a de -isima est devenu o dans Bisoma car il est en cours d’affaiblissement.
Ce qui montre qu’il s’agit d’une très vieille inscription ou bien alors d’une forme figée de manière savante ne répondant déjà plus à la prononciation locale.

Un autre exemple est donné en pays d’Oïl (les évolutions phonétiques sont les mêmes au sujet des chutes de voyelles en gaulois) avec le nom du village de Vismes dans la Somme, construit au bord de la Vimeuse, anciennement la Vîmes, petite rivière de Vimeu.
La racine en est le gaulois viso « limon » + isama = visama = lieu très limoneux.

Dans le cas qui nous intéresse, il est difficile de connaître le sens de la première syllabe.
Assurément une racine ve-/vi- gauloise et/ou prégauloise ; peut-être même be-/bi-.
Mais on en ignorera le sens.

On pourrait voir dans le toponyme Bisoma une origine lointaine possible au nom de la famille millavoise de Bismes.
On le connaît aujourd’hui dans le Tarn-et-Garonne et le Lot.
S’agit-il d’une expansion depuis l’Aveyron, ou bien compte-t-on un autre Bisoma / Visoma ailleurs ?

En conclusion, nous serions en présence d’un toponyme gaulois se distinguant en tant que tel par le suffixe superlatif -isama évoluant en -isma.
On ignore le sens du radical ainsi dérivé.
Cette forme ancienne paraît pointer le toponyme-souche du nom de famille Bismes.

Si nos lecteurs ont une quelconque idée sur la question, nous les remercions par avance de nous en faire part.


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« SAINT GENIEZ d’OLT et d’AUBRAC,
des femmes… des hommes… et leur racines… »

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