Recette de l’onguent de Jean Isidore Terral (1803-1891)

lundi 26 octobre 2020
par  Suzanne BARTHE

Pour alimenter la chronique "Au fil des actes" Michel TERRAL nous communique la recette d’un onguent qu’Isidore Terral a envoyé à son neveu Camille Terral frère de son arrière grand-père. C’est un des fils de Barthélémy Louis Terral et Marianne Cadars (petit clin d’oeil à Françoise !)

Jean Isidore Terral (1803-1891) était instituteur, il s’est marié à Rodez et a exercé en Algérie à Hennaya à coté de Tlemcen.

Il y a fait souche. Veuf, il est rentré à Marseille où il s’est établi "homme de lettres" (en fait "écrivain public").

C’est à cette époque qu’il a écrit cette lettre à Camille qui lui demandait de ses nouvelles.

Ce document a été transmis à Michel TERRAL par un cousin descendant de Camille.

Michel nous indique : "Le seul problème c’est que je ne sais à quoi cela sert ! Dommage, j’aurais pu faire fortune avec l’onguent du Dr Terral... Si quelqu’un peut me renseigner, je suis preneur".

Voici la manière de faire l’onguent :

JPEG« tu mets par égale quantité de la cire jaune ; de la poix dont se servent les cordonniers, de la graisse de mouton que tu trouveras chez le boucher. Tu couperas ces trois choses en petits morçeaux. Tu mettras ces choses là dans pot neuf et tu y verseras de la bonne huile d’olive, que tu peseras pour qu’elle est le même poids que chacune des autres choses. L’herbe ou plutôt la plante que tu y mettras porte le nom de scrofulaire, elle pousse sur le bord des ruisseaux, d’abord elle sort en herbe au printemps avec des feuilles larges. Elle monte ensuite en graine à une hauteur d’à peu près un mètre , alors elle reste en branche. La tige est rassie et elle a mauvaise hodeur (sic) et tant qu’elle …… monte en tige on peut s’en servir. La tige et les feuilles sont plus petites et par petits bouquets mais également bonnes ? Tu en ceuilles une quantité considérable. Tu la coupe par petits morçeaux et tu en mets une bonne quantité avec le reste dans le même vase que tu boucheras avec un bouchon bien attaché avec une ficelle. Faire bouillir doucement le tout pendant 48 heurs. Tu reconnaitras qu’il est cuit quand il sera foncé qu’il se caillera.  »

NDLR : L’orthographe est respectée.



Commentaires

AU FIL DES ACTES
lundi 9 novembre 2020 à 12h38

Merci pour le "clin d’œil", cette Marianne CADARS est effectivement la sœur de mon trisaïeul.
Françoise MONDINE

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AU FIL DES ACTES
mercredi 28 octobre 2020 à 12h30 - par  VALERA Michèle Adhérente n°1926

La scrofulaire noueuse (scrofularia nodosa) appelée autrefois « Herbe aux écrouelles » et « Herbe du siège » est une plante vivace, commune des lieux incultes, des endroits humides et des bords de chemins. Ses fleurs sont légèrement malodorantes, ses feuilles froissées dégagent une odeur désagréable, rappelant celles des feuilles du sureau. Comme son nom le suggère, la scrofulaire servait jadis à soigner la scrofule, une inflammation chronique des ganglions lymphatiques infectés par la tuberculose, provoquant des abcès. Ce sont les « écrouelles » que notre bon roi de France, le jour de son sacre, devait toucher afin de les guérir miraculeusement. Les racines de la scrofulaire portent des renflements évoquant ces lésions et, selon « la théorie des signatures », elles étaient donc données en remède contre les tumeurs, l’enflure et la gangrène. En cataplasmes, ses feuilles fraîchement pilées étaient employées comme résolutif de toutes les affections de la peau, quelles que soient leurs origines, elle convenait aussi bien aux plaies et aux blessures qu’aux hémorroïdes ! D’où son appellation « Herbe du siège »… On la préconisait aussi comme un antidote de la rage. En Algérie, les racines et les feuilles étaient utilisées en décoction pour les maux de gorge, en sédatif pour les fièvres, contre la malaria et la typhoïde. Quant à l’onguent, il était préparé avec feuilles et racines broyées à leur poids de beurre frais. On laissait la préparation 15 jours au frais dans un grand pot de terre bien bouché, puis on faisait fondre longuement à petit feu, on filtrait, on conservait dans de petits pots. Le remède soignait les dermatoses, le prurit, les ulcères, les kystes, les nodules, les adénites. La même recette, mais faite avec du suif de mouton ou de bœuf mêlé à du goudron de résines d’arbres, était appliquée sur les mamelles des brebis quand celles-ci souffraient de mammites, une recette à peu près analogue à celle d’Isidore Terral.

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lundi 9 novembre 2020 à 12h34 - par  Suzanne BARTHE

Merci à Michèle pour sa contribution à notre rubrique AU FIL DES ACTES
SB

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