Les enfants de MEDORA

jeudi 8 décembre 2011
par  Suzanne BARTHE

Avant de parler de ses enfants il nous a semblé important de reprendre quelques dates de la vie, ô combien romanesque, d’Elizabeth Médora LEIGH-BYRON

  • 15 avril 1814, naissance de Médora à Six Mile Bottom ; elle est le fruit de la relation incestueuse de Lord Byron avec sa demi-soeur Augusta (voir notre article sur la Généalogie d’Elizabeth Medora Leigh-Byron).
  • 20 mai 1814, baptême de Medora par le révérend G. Wedge. Parrains : la duchesse de Rutland, Mrs Wilmot et Lord Byron.
  • 23 avril 1816, Lord Byron quitte l’Angleterre pour ne plus y revenir. Medora a deux ans. « Elle mènera à Six Mile Bottom, avec ses frères et sœurs, l’existence insouciante des enfants de son âge »…Six Mile Bottom {JPEG}
  • 19 avril 1824, décès en Grèce de celui que Medora appelle « Uncle By »… Medora, dix ans, écoute avec curiosité ce qui est dit de cet oncle, qui « alors qu’il était parti d’Angleterre sous la poussée du scandale, revient au début de juillet 1824, mort, mais nimbé de la gloire des héros. »
  • Le 4 février 1826, Georgiana, sœur aînée de Medora, épouse un de ses cousins par alliance, Henry Trevanion, « issu d’ne vieille famille de Cornouailles qui avait une bonne réputation d’extravagance et de frivolité ». Certaines « mauvaises langues » diront qu’il avait été attiré par le legs de Byron à la famille Leigh…
    • En 1829, séduite par son beau frère (avec semble-il la bénédiction de sa sœur Georgiana, voire même de sa mère Augusta !!!) , elle se trouve enceinte une première fois… une fille mère en ces temps là était mise au ban de la société…
    • En Janvier 1830, le trio s’embarque pour la France, afin d’y « faire naître l’enfant ». Le séjour est « secrètement » financé par Lady Byron (la veuve de Lord Byron). Le voyage est pénible… On débarque à Calais…Affaiblie, Medora est « prise d’un mal de poitrine », mal logée, mal nourrie, mal soignée, Médora accouche prématurément…

1er enfant de MEDORA –

Alors que la naissance était prévue pour le mois d’avril, le 19 Février 1830, Médora met au monde un garçon qui, contre toute prévision, « naquit vivant ». « Il avait été convenu avant la naissance », qu’il vaudrait mieux pour Medora qu’elle « oublie cet enfant ». « Maintenant qu’il était né, ce n’était pas sans déchirement que Medora envisageait de retourner en Angleterre sans lui, même si elle avait l’assurance de l’avoir mis en de bonnes mains ». Quelque temps plus tard, une bien triste nouvelle parvint à Medora : son fils était décédé « de convulsions ». Medora ne voulu pas croire à cette version, préférant penser que Lady Byron, qui avait soutenu financièrement le déplacement en France et le placement en nourrice de l’enfant, l’avait « fait disparaître »… elle demeura persuadée que « l’enfant était vivant quelque part  »… Elle dira plus tard en détenir la preuve dans une fameuse cassette (nous verrons que le contenu de cette cassette fut « brûlé » après le décès de Medora … Etait-il si dérangeant ?)

Mais quelles étaient donc « ces bonnes mains » à qui avait été confié l’enfant ? F.J. Temple fit dans les années 80 une très sérieuse enquête pour tenter de retrouver trace de ce fils de Medora. Nous avons réitéré cette démarche, en contactant l’archiviste de la Mairie de Calais (que nous remercions ici pour ses efforts de recherches) ; « sur la liste des naissances et décès » nous trouvons deux naissances à Calais en ce jour du 19.2.1830, une fille et un garçon, aucune ne correspond à notre recherche : pas de naissance à Saint-Pierre-lès-Calais à cette date. Et F.J. Temple de conclure en 1988 : « Il n’est pas interdit d’imaginer d’autres solutions, par exemple que le bébé ait été déclaré sous le nom de ses parents nourriciers, à l’insu de Medora ».

Il n’est pas non plus interdit de penser que les « parents nourriciers » aient préféré déclarer l’enfant, « dans les délais légaux », qui étaient de trois jours conformément au code civil de 1803, mais dans un autre lieu que Calais… Nous pouvons également imaginer que l’enfant fut confié à un organisme proche par exemple d’une mouvance religieuse… Nous poursuivons nos recherches… et avons quelques pistes très sérieuses… mais sans preuves authentiques il est trop tôt pour en parler ici.

  • Medora retourne à Londres avec les Trevanion, d’abord chez une vieille parente, puis « elle rejoignit sa mère, qui occupait alors des fonctions à la cour de St James ». La mère et la fille avaient été séparées depuis toute une année… Les retrouvailles sont difficiles… Augusta ignorait ( ?) les évènements de cette période lourds de conséquence pour Medora, qui bien qu’âgée de seulement 16 ans, n’était plus une enfant… Par ailleurs, cette période était celle d’une sorte de « bataille » entre Augusta et Lady Byron, à propos des biens laissés par Lord Byron. Période difficile pour Medora, qui recevait (avec la bénédiction de sa mère) les visites quotidiennes de Trevanion.
  • Début Janvier 1831, Medora attendit un autre enfant… Augusta « ferma les yeux », craignant de perdre sa place à la cour…elle proposa à sa fille de se faire avorter, mais Medora refusa… ne pouvant accoucher au palais St James, elle accepta la proposition de sa sœur Georgiana de s’installer quelques temps à Bath. Le « trio infernal » est reformé, et lors d’une dispute, Georgiana, « dans un élan incontrôlé » livre à Medora le secret de sa naissance « résultat de l’adultère et de l’inceste ». Et pour faire bonne mesure, Trevanion « avoua sa liaison avec Augusta » !!! Il devint impossible de ne pas informer le colonel Leigh de la situation…

2ème enfant de MEDORA –

Le Père « officiel » de Medora, George Leigh, menace de lancer à l’encontre d’Henry Trevanion, une procédure de détournement de mineure. Medora est quant à elle enfermée dans un « lieu refuge pour filles de bonne famille » du côté de Lisson Groove. Peu après son arrivée, « elle met au monde un enfant mort-né »…

  • Trevanion « fait évader Médora », et ils partent pour Jersey où Travanion a de la famille, puis s’embarquent, à nouveau, pour la France … Sous le nom de Monsieur et Madame AUBIN, ils s’installent dans un village normand, où ils mènent une vie oisive entrecoupée de « querelles violentes et de moments de passion fougueuse ».
  • En décembre 1831, Medora, embrasse la religion catholique et reçoit le baptême. Il semblerait que ceci provoqua chez Medora « un changement radical »… « elle se mit à regretter ses actions passées »
  • Au printemps 1833, elle envisagea de « se retirer au couvent, comme pensionnaire ». Trevanion finit par accepter, ils quittent la Normandie et vivent dans une premier temps, dans le Morbihan, sous leurs véritables noms.
  • En Juillet 1833, Medora s’installe au Couvent du Relecq,Abbaye du Relecq {JPEG} dans le Finistère. Medora avait préalablement informé sa mère de sa décision, afin semble-t-il d’obtenir qu’Augusta lui verse une rente de 60 livres… elle obtint la dite pension qui fut verséé par l’intermédiaire du couvent.

3eme enfant de MEDORA -

Mais un mois plus tard… un autre enfant s’annonce… Catholique à présent, il n’est plus question pour Medora d’avorter… Pas question non plus de rester au couvent… si tant est que Medora en ait eu l’intention… Le couple s’installe à Plounéour Menez, au manoir de Penhoat. Là, ils se prétendent « frère et sœur »Manoir de Penhoat {JPEG}

Le 19 mai 1834 au lieu dit « Penhoat » en Plounéour Menez, , Pays de Saint Thégonnec, naîtra Marie Violette TREVANIOU (sic) elle sera déclarée le 21 mai.. Déclaration effectuée par son père «  Henry TREVANIOU, anglais, qui signe ». Le 11 décembre 1834, la petite fille sera baptisée sous le nom de Anny Violet LEGH.

Faisons un saut de quelques années, en 1846 : celle que nous appellerons « Marie » est la marraine de son frère Elie sous le nom de Marie AUBIN. Puis lors du mariage de Medora avec Jean Louis TAILLEFER, elle deviendra Marie TAILLEFER. Dans son testament du 23 aout 1849, Medora la nomme Marie Aimée… Marie est alors âgée de 15 ans…

Après le décès de Medora, Marie s’occupa à Versols de son frère Elie, ainsi qu’elle l’avait promis à sa mère. Puis rejoindra à nouveau le couvent de Saint Germain, s’engagera en noviciat en 1856, elle prendra définitivement le voile sous le nom de ’Soeur Saint-Hilaire’. Elle était consciente de « porter le lourd fardeau de ses origines et d’expier en quelque sorte des fautes commises par d’autres »… Marie avait semble-t-il hérité des qualités littéraires de son grand père… dans le cahier auquel elle confiait ses pensées on trouvera ces lignes : « La mort pour qui l’attend ne survient jamais avant l’heure…Ma vie est comme la feuille d’automne qui tremble au pâle rayon de la lune. Fragile est son attache, brève est sa durée inquiète. »

Marie expira le 23 juin 1873, et fut ensevelie dans le caveau des religieuses de la Nativité, dans l’ancien cimetière de Saint-Germain-en-Laye, carré G, concession N° 46. Selon les informations de F-J Temple : « la concession, renouvelée pour la dernière fois le 1er mai 1939, pour trente ans, est considérée comme périmée. Mais les diverses municipalités ont décidé de surseoir à la reprise. Elle existait encore en 1983 ». Nous enquêtons actuellement pour nous assurer que cette concession est maintenue.

  • En 1835, les relations se distendent entre Medora et Trevanion. Medora se consacre à Marie… Trevanion à la chasse.. vers la fin de l’année Trevanion ramène un peu d’argent d’Angleterre où il a passé quelques semaines. Medora écrit dans ses « Mémoires » : « Je vis alors qu’il lui restait encore de ce que j’avais pensé être entièrement éteint – son attachement passionné pour moi. Mais je n’étais plus une enfant, j’avais vingt et un an ; et l’expérience de deux années m’avait appris comment résister ». Et la vie continua au château de Penhoat durant 3 ans…
  • Au printemps 1838, Medora tomba très gravement malade, et Henry dû faire appel à un médecin : Le Dr Victor Carrel, auquel Medora se confia, racontant à cet homme dévoué sa naissance et sa vie. Médora précise dans ses mémoires « Je lui demandai son aide pour me libérer de la cruauté de celui que je n’avais jamais réellement aimé, et qui par sa conduite m’avait convaincu chaque jour un peu plus de son peu d’intérêt. Mon vœux le plus cher était de mourir loin de lui ». Le Dr Carrel, dont le frère était homme de loi, prit contact avec Augusta, qui finit par allouer à sa fille une somme de 120 livres pour lui permettre de vivre « pendant un an ».
  • Au début de 1839, une rechute de Medora inquiéta le Dr Carrel, ce dernier prit contact avec Augusta, qui fit établir un acte attribuant à Marie la nue propriété de 3.000 livres sur l’héritage d’Uncle By. Le testament de Byron prévoyait en effet qu’une somme de 60.000 livres reviendrait à Augusta Leigh à la mort de Lady Byron. On délivra une copie de cet « acte » à Medora. Mais Trevanion ne voulait pas « lâcher la partie » insinuant auprès d’Augusta que le Dr Carrel voulait épouser Medora afin de s’emparer de sa fortune… Augusta coupa les vivres… Medora pris alors contact avec Lady Byron ainsi qu’elle le précise dans ses mémoires : « Je reçu une lettre extrêmement gentille et affectueuse de Lady Byron, et de l’argent, avec des offres de protection pour moi et mon enfant, et la possibilité de quitter un environnement qui m’était devenu des plus pénibles. C’était en Aout 1840. j’acceptais volontiers et avec joie ces offres… Lady Byron proposa que je l’accompagne à Paris, et que je reste avec elle un certain temps, ce que je fis… à Fontainebleau…Lady Byron m’informa de la cause du profond intérêt qu’elle ressentait pour moi, et ressentira toujours : Son mari avait été mon père. »
  • Le 21 aout 1840 Medora et Marie retrouvaient Lady Byron ; celle-ci écrivit plus tard à propos de Medora : « Je la trouvais changée au-delà de toute identification possible, et dans une sorte de confusion mentale qui allait de la paralysie à l’extrême excitation ». Lady Byron avait promis de s’occuper de Medora… et c’est ce qu’elle allait faire, avec beaucoup d’affection… elle ramena à Paris la mère et l’enfant… Comme nous l’avons vu, elle confirma à Medora que Lord Byron était son père… elle avait depuis longtemps déjà informée sa propre fille Ada…
  • En avril 1841, Medora, qui allait fêter son 27eme anniversaire rencontra à Paris, Ada Lovelace, qui était à la fois sa cousine et sa demi-sœur !!! une affection profonde lia immédiatement Medora et Ada. Un mois plus tard, Medora reprenait le chemin de l’Angleterre, avec Marie, et s’installait chez les Lovelace. Medora n’avait pas revu sa terre natale depuis 8 ans…Puis Lady Byron loua une propriété dans le Surrey, non loin de Londres, et par conséquent des Lovelace. « Medora et Marie apprécièrent le confort qui leur été donné ». Medora reprit des forces, et eut rapidement l’impression de « vivre dans une cage dorée ». Elle avait hérité du caractère « rêveur » mais aussi frondeur de son père, ce qui s’accommodait mal avec le caractère rationnel de Lady Byron… Par ailleurs, les relations avec Augusta s’envenimèrent pour des questions financières… Medora, qui avait beaucoup souffert était devenue méfiante…Elle finit par déclarer que sa santé nécessitait « des cieux plus cléments ». Lord Lovelace suggéra les bords de la Méditerranée. Medora accepta, exigeant qu’un couple de domestiques l’accompagne. « Medora dut rédiger un testament selon lequel tous ses papiers, lettres et documents devaient être remis à sa tante Ils étaient contenus dans une cassette fermée à clef ». Une rente annuelle de 150 livres devait lui être versée par Lady Byron.
  • Le 21 juin 1841 Medora quitta l’Angleterre avec sa fille Marie, et un couple de domestiques, les Beaurepaire. Ils s’installèrent dans la région d’Hyères, où Medora fit la connaissance du Capitaine Joseph Barrallier, du 71e régiment d’infanterie, héros de Waterloo.
  • Au mois de Mars 1843, retour à Paris. S’ensuivirent de nombreux malentendus qui firent que Lady Byron « coupa les vivres ». Afin d’éclaircir l’imbroglio financier dans lequel se trouvait Medora, qui avait maintenant rendu officielle auprès des autorités sa qualité de « fille de Byron », le capitaine Barrallier proposa d’assurer les frais du voyage et d’escorter Medora et sa fille en Angleterre. L’homme d’affaires du capitaine était Thomas Smith, ce dernier fervent admirateur de Lord Byron, demanda à Medora d’écrire un récit détaillé de sa vie afin qu’il puisse agir en connaissance de cause…
  • Le capitaine Barrrallier avait regagné la France le 7 Décembre 1843, Medora tenta de contacter Trevanion, qui était le père de Marie pour obtenir de l’aide ; en janvier 1844 Trevanion lui fit savoir qu’il « était extrêmement navré de n’avoir aucune possibilité en ce moment de contribuer à l’éducation de la jeune fille qui fait l’objet de votre lettre … j’éprouve en ce moment beaucoup de difficulté à subvenir à mes propres besoins »… Trevanion venait pourtant d’hériter de son père !!! et de s’offrir en Bretagne le manoir de Botives, dans la commune de Malguénac, dans le Morbihan.
  • Au début de l’été 1844, après avoir dû écrire un nouveau testament où elle laissait tous ses biens à Marie, elle put emprunter cinq cents livres (sur le fameux acte…). Il fut également exigé qu’elle quitte l’Angleterre pour toujours et s’établisse en France.
  • Madame Elizabeth AUBIN et son enfant s’installèrent à Saint-Germain-en-Laye. Medora fit entrer Marie au couvent de la Nativité. Certaines sources indiquent que pour compléter son maigre pécule, « elle obtint une place dans la pension où elle demeurait »…. D’autres sources parlent d’une liaison avec un officier français… Nous ne prendrons pas position. Le fait est qu’elle fit la connaissance de Jean Louis TAILLEFER, âgé de 34 ans, ordonnance du Général de Gramont. Il était « amoureux et viril » et fit à Medora des « avances pressantes »… Au mois de mai elle se vit enceinte… Taillefer assuma, promit d’épouser Medora lorsqu’il serait libéré et de reconnaître Marie, et bien sûr l’enfant que Medora portait.
  • Fin Novembre 1845, Medora s’installa avec Marie à Saint-Affrique

4eme enfant de MEDORA -

Le 27 Janvier 1847, Medora mit au monde un garçon que Jean Louis TAILLEFER déclara l’enfant le 28 Janvier à Saint Affrique, et Jean Marie Elie TAILLEFER fut baptisé ce même jour. La marraine est Marie AUBIN…la fille de Medora qui approche de sa 13ème année.

Naissance de J.M.E. Taillefer {JPEG}
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Si l’acte d’état civil concernant la naissance d’Elie TAILLEFER indique la véritable situation matrimoniale du couple, l’acte de baptême, quant à lui, prend plus de liberté avec la réalité.... (voir ci-dessus le document provenant des archives du presbytère de Saint-Affrique)

*Quelques jours après la naissance d’Elie, Jean Louis TAILLEFER installera Medora et ses deux enfants à Lapeyre, avant de rejoindre son unité… la séparation durera un an et demi… durant lequel Medora « fera face », s’intégrant peu à peu à la rude vie des paysans aveyronnais dont elle su gagner l’estime… le fameux charme byronnien opérait sur les bords de la Sorgues… Medora avait même fait venir un piano… et elle peignait…

  • A la fin Juillet 1848, Jean Louis TAILLEFER était de retour… il déclara que le mariage se ferait sans attendre, encore fallut-il réunir les papiers nécessaires (la situation de Medora n’était pas simple)…
  • Le 5 aout 1847 le mariage eu lieu, ainsi que la reconnaissance des deux enfants MARIE et ELIE. Les signatures apposées au bas de l’acte, laissent clairement transparaître la différence de niveau socio-culturel entre Medora et Jean Louis…Signature de J.-L. et Médora {JPEG}
  • Signatures Medora et Taillefer-*
  • mais ils s’aiment … et vivent heureux avec leurs deux enfants…
  • Il est néanmoins écrit que le bonheur n’est pas pour la famille Byron… en effet alors qu’à présent tout semblait sourire à Medora, elle se leva un jour d’aout 1849 se plaignant de douleur dans le dos et d’une soif intense. On diagnostiqua la variole…
  • Le 23 aout 1849, elle rédigea un nouveau testament (voir notre article sur la Généalogie TAILLEFER)
  • Le 28 aout 1849 elle expira et fût inhumée dans le cimetière de Lapeyre, où l’on peut voir sur sa tombe une phrase de Byron que l’on peut traduire ainsi : « Etrangers, ne passez pas sans un regard, arrêtez vous, comme moi, pour méditer et soupirer : Hélas ! »

Déces de Médora {JPEG}

Revenons au dernier enfant de Medora : Jean Marie Elie TAILLEFER : resté dans un premier temps à Lapeyre, il fût ensuite envoyé au collège des Jésuites de Saint-Affrique où il poursuivit des études jusqu’en 1860. Le sang des Byron avait refait surface, et Elie se montra rapidement coléreux, fantasque et violent ; ce qui entraîna son renvoi du collège, et son placement au Petit Séminaire de Belmont… même échec. Il fut alors confié aux Frères de Toulouse pour suivre durant deux ans des cours de comptabilité. Il commença sa vie professionnelle, marquée d’inconstance. Notre « voyageur de commerce » passa son conseil de révision, et fut affecté au 3eme Chasseurs d’Afrique. A la fin de son service il poursuivit sa vie vagabonde ; Lyon, (on lui annonça la mort de son père, et il reçu la somme de 1.044 francs lui revenant)…Puis Montpellier, Sète (où il épousa Constance Lavail, qui ne lui donna pas d’enfant).Il décèdera le 29 janvier 1900, à l’hôpital de SETE, veuf et misérable…et fut enseveli le lendemain au cimetière du « Ramassis », aujourd’hui « Le Py », où sa tombe n’existe plus. Ses restes, tel est le lot des indigents, furent jetés à la fosse commune, au fond du cimetière… Ainsi s’achève la bien triste histoire du petit fils de Lord Gordon Byron

Sources :

  • CERCLE GENEALOGIQUE DE L’AVEYRON
  • CENTRE GENEALOGIQUE DU FINISTERE
  • ARCHIVES MUNICIPALES DE CALAIS
  • Conférence du 17 novembre 1988 de Frédéric-Jacques TEMPLE
    « l’Aventure de Médora, de Londres à Lapeyre (Aveyron)
  • Extraits des « Mémoires » de Medora Leigh
  • ’Medora Leigh : A History & Autobiography’ par C.Mackay & E.M.Leigh.
  • Documentation personnelle SB

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