1615 - Testament de Raymonde Vanelhes, veuve de Pierre Cassanh, de Compeyre

Famille CASSAN de Compeyre
samedi 3 décembre 2022
par  Jean DELMAS, Suzanne BARTHE

Nous vous proposons aujourd’hui l’analyse, faite par M. Jean DELMAS que nous remercions, du testament de Raymonde Vanelhes, veuve de Pierre Cassanh.

La fille aînée, Hélix, est désignée comme l’héritière universelle, sans doute parce qu’elle est la seule majeure (25 ans). Elle est donc chargée à ce titre de doter, le moment venu, ses frères et sœurs.

Dans nos épisodes précédents nous avons présenté le contrat de Mariage (1588) de Pierre CASSANH, laboureur de Compeyre, avec Raymonde VANEILHES, http://www.genealogie-aveyron.fr/spip.php?article1590, de Carbassas, ainsi que le testament (1602) de Pierre CASSANH http://www.genealogie-aveyron.fr/spip.php?article1584.

De l’union de Pierre CASSANH avec Ramonde VANELHES (Cf CM 13.10.1588) étaient nés :

  • Louys CASSANH, héritier universel de son père en 1602, a contracté mariage en 1604 Cf. http://www.genealogie-aveyron.fr/spip.php?article1594 Il n’est pas cité au testament de sa mère .
  • Hélix CASSANH citée au testament de son père (1602) et Héritière Universelle de sa mère (voir ci-dessous)
  • Estienne CASSANH. Cité au testament de son père (1602), ainsi qu’à celui de son frère Louys (1641). Ce testament sera produit dans les prochains épisodes.
  • Jehan CASSANH cité aux testaments de ses père(1602) et mère (1615)
  • Jehanne CASSANH citée aux testaments de ses père (1602) et mère (1615) ainsi qu’au testament de son frère Louys (1641)
  • Andrive CASSANH [1] citée aux testaments de ses père et mère, ainsi qu’au testament de son frère Louys (1641)

Testament de Raymonde Vanelhes, veuve de Pierre Cassanh, de Compeyre, 1615

Arch. Dép. Aveyron 3 E 9515, fol. 43- 44 vo.

PNG - 368.3 ko [Fol. 43] 1615, 2 octobre- Compeyre, dans la maison de feu Pierre Cassanh.

[Préambule] On ne doit pas mourir ab intestat, car ce pourrait être cause de différends entre « ses enfans, parens et aliés ». En conséquence, « saige femme Raymonde Vanelles, vefve à feu Pierre Cassanh » de Compeyre, malade de maladie corporelle, mais « saine, par la grâce de Dieu, de son entendement », a fait son testament nuncupatif :

1- Elle fait le signe de la croix, recommande son âme et son corps à Dieu et à «  la cour célestialle de Paradis ». [43 vo] Sépulture au cimetière de l’église paroissiale Saint-Vincent de Compeyre. Elle veut qu’aux jours de sa sépulture, neuvaine et chef d’an soient appelés tous les prêtres servant dans ladite église et que soient donnés, chaque fois, à chacun d’eux 20 deniers t. ; que soit « suivie sa novene » et tous les lundis de l’année par son héritière, par une offerte de pain, vin…, selon la coutume de ladite église ; et que les prêtres prient Dieu pour son âme.

2- Item, elle lègue à Estienne et Jehan Cassanhs, ses fils, à chacun pour les droits qu’ils pourraient avoir 15 livres t., soit 10 livres quand ils se marieront ou prendront un métier ou qu’ils auront l’âge de 25 ans, et en ce qui concerne les 5 livres restantes, deux ans après, 50 sous chaque année à la Toussaint, « et que quand l’ung lèvera [2] ung an, que l’autre ne puysse poinct lever, mais l’ung ung an et l’autre ung autre an ».

3- Item, elle lègue à Jehanne et Andrive Cassanhes, ses filles, à chacune 30 livres, payables à leur mariage ou quand elles auront l’âge de 25 ans, soit 20 livres, puis 10 livres, à raison de 3 livres chaque année à la Toussaint «  et que quand l’une lèvera ung an, etc. », [Fol. 44] cela jusqu’à fin de paye. PNG - 304.2 ko

4- Item à Estienne, Pierre, Anthoine et Andrive Vanelhes, ses frères et sœur, pour tous droits de frayresque [3], à chacun 5 sols t., après son décès.

5- Elle lègue à ses neveux et nièces et autres parents , à chacun 2 sols 6 deniers, après son décès.

6-Elle désigne comme son héritière universelle Hélix Cassanhe, sa fille, la chargeant de payer tous ses légats et dettes.
[44 vo] Elle casse et révoque tous ses autres éventuels testaments, codicilles ou « donations à cause de mort ».

PNG - 240 ko Compeyre, dans la maison de feu Pierre Cassanh.

Présents :

  • Me Jehan Girbal, bachelier ès droits, recteur de Compeyre (signe),
  • Mes Pierre Bertrand et Pierre Lafon, praticiens (signent),
  • Anthoine Ricard, George Quézac, Jehan Revelhou, Antoine Montjoux, laboureurs de Compeyre (ne signent pas).

Me Jehan Boyssonis, notaire.

Quelques précisions sur la famille VANELHES (alias BANEILHES)

La famille VANELHES est attestée à Carbassas (Compeyre) dès 1528, lorsque Etienne VANELHES  [4]teste (juillet 1528).

Dans ce testament sont cités :
VANEILHES Marie, Astrugue, Johanne, Aygline et Fine, ses filles ; VANEILHES Johanne, sa fille, épouse de Arnald GALTIER (Vialgues) et VANEILHES Catherine épouse de Pierre COMBES [5]. ; VANEILHES Ramond, son frère germain. Héritier : VANEILHES Etienne, son fils

L’analyse de ce document, par M. Jean DELMAS, sera prochainement mise en ligne.


[1féminin de l’occitan Andriu, André

[2Occ., levar, recevoir, percevoir.

[3Occ. : frairesca, parts d’héritage revenant aux frères et sœurs.

[4Stephanus (latin) se traduit en occitan par Esteve et en français par Etienne (ancienne forme Estienne) et non Stephen ou Stephan.

[5Petrus (latin) se traduit en occitan par Peire (ou Peyre) et en français par Pierre et non par Peter (anglais comme dans le cas précédent)



Commentaires

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1615 - Testament de Raymonde Vanelhes, veuve de Pierre Cassanh, de Compeyre
mardi 6 décembre 2022 à 10h26 - par  Suzanne BARTHE

Grand merci à Jacques pour cette étude.

Si ce patronyme a de nos jours disparu, nous devons néanmoins signaler à nos amis chercheurs que nous avons plus de 100 fiches dans nos bases pour les BANIELLES de CARBASSAS, sur les 18 et 19 siècles.

Bonnes recherches !
SB

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1615 - Testament de Raymonde Vanelhes, veuve de Pierre Cassanh, de Compeyre
mardi 6 décembre 2022 à 10h09 - par  Jacques ASTR

Etude du PATRONYME BANEILLE, VANELHE
par Jacques ASTOR que nous remercions

Le nom de famille Baneille est aujourd’hui inconnu. Vanelle est connu, mais pas dans nos régions. Il est fréquent en pays d’Oïl et particulièrement dans le Nord et le Pas-de-Calais.

Il représente un nom de lieu : Vanelle, Banelle ou Vaneille, Baneille aujourd’hui disparu, tout au moins sur la carte IGN de l’Aveyron au 25 000e.

Il s’agit de l’occitan vanèla « sentier, ruelle » parallèle au français « venelle ». Le v prononcé b en languedocien donne lieu aux graphies Banelle / Baneille. Le suffixe -èlha est une variante bien connue de -èla (cf. Pradelle / Pradeille = petite prairie, et le masculin Montel / Monteil = petit mont).
La forme vanèlha est représentée dans l’Ardèche, au nord de Privas, avec Vaneilles à Saint-Michel-de-Chabrillanoux et Saint-Vincent-de-Durfort.